L’approvisionnement responsable : un outil à la portée de tous!
Par Claude Belley, conseiller stratégique en développement durable
La fonction des achats représente aujourd’hui un enjeu important pour les entreprises quelle que soit leur taille. Que cela concerne la gestion de la qualité, des coûts ou l’impact sur l’environnement, les gestionnaires ont bien compris le caractère essentiel de cette fonction.
L’approvisionnement responsable est une démarche qui prend en compte l’impact des décisions d’achats sur l’organisme et son environnement. Cette démarche s’inscrit dans le processus plus large de la responsabilité sociétale des entreprises ou RSE (c’est le développement durable appliqué aux entreprises) qui vise à réduire les impacts négatifs des organisations sur la société et l’environnement.
L’approvisionnement responsable est un mode d’approvisionnement qui intègre des critères environnementaux et sociaux dans les processus d’achat des biens et des services afin de réduire l’impact sur l’environnement, d’augmenter les avantages sociaux et de renforcer la durabilité économique des organisations tout au long du cycle de vie des produits ou des services.
Les pratiques les plus courantes dans l’approvisionnement responsable sont :
- La création de fiches techniques pour intégrer des critères environnementaux (certifications et autres critères) et sociaux dans les appels d’offres;
- L’accompagnement et la formation des acheteurs et des requérants dans la compréhension d’enjeux reliés à l’approvisionnement responsable;
- La mise en place d’une politique d’approvisionnement responsable;
- L’analyse des achats pour en déterminer les enjeux prioritaires;
- L’implantation d’outils pour calculer le coût total de propriété (ou en anglais : « total cost of ownership »).
La plupart de ces pratiques peuvent être mises en place dans un délai raisonnable et permettre la réduction de certains coûts. Le coût total de propriété (CTP), qui est une estimation financière pour permettre de déterminer les coûts directs et indirects d’un produit ou d’un système, peut éclairer l’acheteur. Par exemple, dans le cas d’un photocopieur, les coûts les plus importants ne sont pas situés dans son acquisition, mais dans ses fournitures (encre et papier). En considérant le prix d’acquisition, les coûts d’utilisation, d’entretien et de disposition en fin de vie, on obtient un portrait global pour choisir le meilleur rapport qualité-prix.
Les achats responsables sont une pratique répandue au Québec. En effet, le Baromètre québécois des achats durables réalisé en 2012[1], sur l’état de la situation, en matière d’approvisionnement responsable au Québec, fait ressortir les tendances suivantes :
- 82% des organisations jugent l’approvisionnement responsable critique ou important;
- Les valeurs morales de l’organisation, la conformité réglementaire et l’image de marque sont les principaux moteurs qui poussent à l’action;
- L’approvisionnement responsable est pratiqué par 66 % des organisations québécoises.
En terminant, les achats durables sont aussi ceux que l’on ne fait pas! L’analyse des besoins, dans une perspective de développement durable, peut conduire à éliminer certains achats.
[1] Réalisé en collaboration avec l’espace québécois de concertation sur les pratiques d’approvisionnement responsable (ECPAR), l’École des Sciences de la gestion de l’UQAM et le Baromètre de la consommation responsable du Québec.


