Transport routier et émissions de GES: Que fait-on au Québec?

Par Elsa Joly, Conseillère technique (ing.jr., M.Sc.)

Alors que le débat sur l’écotaxe fait rage en France, il est intéressant de regarder ce que le Québec fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) provenant du transport de marchandises. Pour rappel, l’écotaxe poids-lourd qui sera mise en œuvre en France dès janvier 2014 s’inscrit dans le principe du pollueur-payeur et vise à faire payer aux camions le coût réel de leur usage de la route pour financer les modes de transport alternatifs (ferroviaire et fluvial).

Au Québec, le Plan d’action sur les changements climatiques (PACC) 2006-2012 ciblait deux mesures pour réduire les émissions de GES provenant du transport de marchandises : la mesure 8 visait à favoriser l’implantation de projets intermodaux, tandis que la mesure 9 avait pour objectif d’améliorer l’efficacité énergétique dans le transport de marchandises. De ces mesures ont découlé deux programmes d’aide gouvernementale : le PAREGES (Programme d’aide visant la réduction ou l’évitement des émissions de GES par l’implantation de projets intermodaux dans le transport maritime et ferroviaire) et le PEET (Programme d’efficacité énergétique dans les transports), tous deux clos en mars 2013.

Selon le bilan du Ministère des Transports du Québec (MTQ), 40 projets ont été financés par le biais du PAREGES, pour un total de 52 M$ et des réductions atteignant 300 000 tonnes de CO2éq/an. Plusieurs projets financés consistaient à construire des centres de transbordement pour faciliter le passage du camion vers le train ou vers le bateau. L’installation de convoyeurs, la construction de traversiers ou encore le prolongement de voies ferrées comptent également parmi les projets mis en œuvre grâce à ce programme de subvention.

Le programme PEET a, de son côté, permis de réduire les émissions de GES de près de 60 000 tonnes de CO2éq/an, grâce à une aide gouvernementale totale de 18 M$. Des projets d’électrification de traversier, de modernisation des équipements sur des navires, de locomotives vertes ou encore d’optimisation de parcours ont vu le jour grâce à lui.

De nombreuses entreprises québécoises, proactives et soucieuses de diminuer leur empreinte sur l’environnement, ont ainsi pu bénéficier de ces deux programmes d’aide, dont les résultats en termes d’évitement d’émissions de GES sont tangibles. Une vérification GES a en effet été conduite par des experts GES pour tous les projets afin de s’assurer de leurs bénéfices réels.

Avec la publication du PACC 2013-2020, de nouveaux programmes sont en cours de préparation et permettront, on l’espère, de poursuivre les efforts pour diminuer l’impact du transport en matière d’émissions de GES.

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